Quel futur pour la musique ?

 

Quel futur pour la musique ?

En cette fin de mars 2014 deux projet éveillent l’intérêt en terme de procédés musicaux nouveaux. Tous les deux se trouvent à des extrémités conceptuelles, toutes deux révélatrices des désirs et des thèmes qui s’offrent à la réflexion sur notre époque

Music for Robots où quand la technologie repousse nos limites

Le premier concerne Musik for Robots un système ultra-perfectionné permettant à trois robots de jouer de la musique avec une capacité technique bien meilleure que celle d’êtres humains. Les capacités de ces robots équivalant à un guitariste de 87 doigts et à un batteur de 22 bras correspondent à des performances encore jamais vues et inaccessibles pour un être humain. On peut voir le résultat dans la vidéo qui suit.

Encore une fois la machine dépasse l’humain, idée qui alimente à la fois les folles espérances et de noirs fantasmes. L’idée d’un futur proche artificiel, qui ne serait plus seulement alimenté par l’activité humaine mais aussi par l’activité de robot prolongeant l’activité humaine, est de plus en plus tangible. Si pour le moment les robots ne semblent capables que d’être les interprètes des partitions, on peut déjà envisager une A.I capable d’imaginer et de composer comme le cinéma nous l’a montré avec le film Her de Spike Jonze. D’ailleurs quel programmeur ne serait pas tenté d’imaginer une intelligence créative ?

Pourtant, la prépondérance du numérique et de la machine au quotidien produit aussi un besoin de retour aux sources et à la nature.

Le retour à la chaire et aux sens

L’autre projet qui s’oppose et à la fois complète le premier est Mon corps est mon instrument de Marco Donnarumma qui créé des sons avec son sang et sa chair. Le tempo est ici déterminé par les battements de coeurs, le flux sanguin et tous les autres sons issus des entrailles de cet homme. Cependant le retour à la chair se fait aussi grâce à la technologie. Marco Donnarumma a créé sa machine, le Xth Sense, composée d’une multitude de capteurs qu’il répartit sur son corps pour enregistrer les sons. Cette machine, il peut la régler pour qu’elle enregistre ce qu’il veut, la machine est donc outil. L’humain retourne ici à ce qu’il a de plus profond et de plus personnel. En effet, qu’est-ce qui peut-être plus personnel qu’un battement de coeur ? Loin des sons mécaniques et réguliers auxquels nous sommes habitués, la machine présente des sons complexes, étranges et dérangeants tant ils ont quelque chose de familier. Ils ne sont pas sans rappeler le sang qui afflue dans le cerveau et les tympans dans ces moments intermédiaires où l’esprit est déboussolé

Cette expérience artistique est à mettre en parallèle avec le retour à la nature et à l’originel de plus en plus désiré par une partie de la population de notre société. Cette société mécanique dont l’individu veut s’émanciper pour retrouver la nature première de ce qui le compose. Cependant on peut nuancer ce propos par la qualité presque cyborg de l’artiste qui, dans ses performances, est l’humain qui produit le son tout en étant la machine qui le transmet aux autres. Déstabilisant en effet, plus encore que des robots maitrisant les riffs comme des As! Cela laisse présager un futur fait d’ambivalences entre le désir d’une technologie de plus en plus perfectionnée et un attachement à une nature qui se fait de plus en plus rare, émoussée par une technologie qui détache l’attention  humaine des sens qu’elle lui a donné.

Une réflexion sur “Quel futur pour la musique ?

  1. Pour laisser un héritage, il faut sortir des sentiers battus. Il est peu probable que l’on égale un Hendrix, un Lennon ou un Morrison du moins sur leur terrain. Nous devons parvenir à maitriser ces nouveaux outils puis ensuite s’en détacher. Il n’est pas nécessaire de choisir entre la technologie et l’humain. Les deux voies doivent être explorées pour trouver un équilibre. Cet équilibre pourrait être une hybridation de l’instrument avec l’artiste.

    Vous voulez savoir? Personne ne peut vraiment dire de quoi la musique de demain sera faite. Tout reste à écrire, tout reste à faire. Ne laissez personne vous dire le contraire ou décider pour vous. C’est votre histoire, et vous n’avez plus qu’à l’écrire. Si les règles ne vous plaisent pas, vous n’avez qu’à les changer. Si les outils ne vous conviennent pas, créez-en d’autres ! C’est à vous de jouer, et personne ne le fera à votre place…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *