Le jeu vidéo, cet art pas comme les autres

Le jeu vidéo cet art pas comme les autres

Apparus il y a plus de quarante ans, les jeux vidéo n’ont cessé d’évoluer en un demi-siècle, notamment sur le plan esthétique. Le lancement de la nouvelle génération de consoles repousse encore plus loin le niveau graphique des jeux, ce qui laisse le champ libre à  des possibilités artistiques sans précédent. Le jeu vidéo est aujourd’hui un medium pour l’art et la réflexion auquel il faut prêter une attention méritée.

Le jeu vidéo et l’art du récit

Les histoires dans les jeux vidéo sont de plus en plus travaillées. La complexité des univers, la psychologie des personnages principaux et l’enchaînement des péripéties sont traités, parfois de façon magistrale. Les récits de jeux comme ceux des licences Final Fantasy ou Assassin’s Creed n’ont rien à  envier à  ceux du 7ème art. D’ailleurs certains univers, à  l’instar de Final Fantasy, deviennent l’objet de films tandis que les films s’inspirent eux-mêmes des univers virtuels. Les cinematiques des jeux reprennent des découpages filmiques et vice-versa. Cependant, tout comme la plupart des films ne sont pas des ouvres d’art, les jeux vidéo avec une vision artistique sont encore plus rares. Et pourtant, même si la plupart des récits ne sont guère plus développés que ceux de gros blockbusters, certains jeux vidéo osent une approche différente. Certains développeurs témoignent une volonté de créer des univers plus subtils, sensibles et poétiques.

Le jeu vidéo comme art poétique

L’art poétique a pour ambition la beauté. Répandu dans la littérature, l’art poétique n’est pas étranger au monde du jeu vidéo. Au contraire ce support pouvant allier récit et image s’est vite révélé prometteur. Le jeu de Fumito Ueda, Ico , sorti en 2001 sur PS2 en est un parfait exemple. Avec son game design original et son histoire alliant le conte et l’onirisme, le jeu avait surpris à l’époque par la poésie qu’il dégageait. Le héros doit aider une mystérieuse jeune femme de nature indéterminée. Il ne peut parler avec elle. Ensemble, ils doivent s’échapper d’un château. Le joueur devient alors un spectateur qui profite du voyage, la caméra adoptant un point de vue qui permet de retranscrire et de transmettre au mieux les sensations des personnages. L’auteur du jeu, car ici, chose rare, on peut parler d’UN auteur, n’a d’ailleurs pas caché sa volonté d’impliquer émotionnellement le joueur et même si le graphisme peut sembler dépassé aujourd’hui, il n’en laisse pas moins une impression étrange.

https://www.youtube.com/watch?v=LP6FM44r7Jw

Fumito Ueda est l’un des rares à  vouloir faire du jeu vidéo une oeuvre d’art, cependant son travail est déjà  pour une partie du publique et de la critique la preuve que le jeu vidéo peut être de l’art. Son second jeu, Shadow of the Colossus confirmera cette inclination poétique.
Comme l’oeuuvre d’art, le jeu vidéo touche le spectateur/acteur. Comme pour les autres arts, le monde sensible est la premère source d’inspiration de ses créateurs/concepteurs. La ressemblance avec la réalité ne devient plus l’objectif suprême de tous les développeurs. Tandis que la technique permet de créer des univers virtuels troublants de réalisme, certains « auteurs » s’en détournent pour privilégier une approche esthétique volontairement irréelle. On peut prendre l’exemple de Shelter. Shelter permet d’entrer dans la peau d’un blaireau qui doit prot’ger ses petits dans une nature magnifique et inhospitalière. Les graphismes sont volontairement assez sobres pour alléger le développement d’un jeu peu cher destiné à  peu de joueurs, et pourtant il dégage une atmosphère onirique que pourraient envier beaucoup de peintres.

Le débat

Wikipedia a aussi posé le débat en 2006 afin de présenter le jeu vidéo comme un art ou pas sur sa page d’accueil

Le non l’emporte, cependant certains arguments ne peuvent être écartés :

Pour : « Il suffit de se plonger, même rapidement, dans le monde de la programmation, de la réalisation et de la création des jeux vidéos. Alliant connaissance, créativité, précision, culture des formes, des couleurs et des alliances de tons. Autant de qualités que l’on retrouve en dessin, aquarelle, peinture … L’outil et le support changent, l’artiste est tout aussi cultivé … Différemment :) » Badr3am 26 septembre 2006 à 00:17 (CEST)

Pour : « Je travaille pour EA qui n’est pas réputé pour ses oeuvres d’art, mais il est pour moi indéniable que certaines productions sont l’équivalent d’oeuvres d’art reconnues, que ce soit par l’esthétisme, l’émotion ou l’interpellation intérieure qu’elles provoquent. Et le fait de mettre le spectateur en tant qu’acteur n’y change rien (si ce n’est le pousser à s’impliquer/s’immerger plus). Mais oui, 95% de la production est purement commerciale, c’est sûr. »
Eden  29 septembre 2006 à 10:44 (CEST)

Et pour finir on peut citer la définition de quelques dictionnaires.

La définition du Larousse :
Création d’objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l’homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique

Ou encore celle du Oxford Dictionnaries :
The expression or application of human creative skill and imagination, typically in a visual form such as painting or sculpture, producing works to be appreciated primarily for their beauty or emotional power

Une réflexion sur “Le jeu vidéo, cet art pas comme les autres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *